Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Pendant des années,
j
'ai vécu à Bali

Je connaissais l'Indonésie de l'intérieur, ses odeurs, ses rituels, ses routes, ses gens.
Mais Bali, avec le temps, était devenue quelque chose que je ne reconnaissais plus vraiment.
(Trop de monde, trop de bruit, trop de tourisme qui tourne en rond.
Je cherchais autre chose.
Quelque chose de plus rare, de plus vrai.)

C'est comme ça que je suis arrivée à Sumba.

Sans vraiment savoir ce que j'allais trouver.
Les premiers jours ont été difficiles, un logement mal situé, des regards méfiants, la solitude.
Et puis un guide qui m'emmenait voir les mêmes cascades et les mêmes plages que tout le monde. Joli, oui.
Authentique, non.

Alors j'ai insisté. J'ai demandé à aller ailleurs, dans des endroits que personne ne m'avait indiqués, que même mon guide ne connaissait pas vraiment.
Des chemins de terre, des villages reculés, des maisons ancestrales encore habitées.

Et là, quelque chose s'est passé.

Une vieille femme, dans un village oublié des circuits touristiques, m'a offert un café. Elle me parlait en indonésien, je ne comprenais pas un mot. On a ri toutes les deux. Son sourire m'a traversée.

Ce moment-là, je ne l'ai pas photographié.
Je l'ai juste vécu.

Je suis rentrée à Bali le lendemain.
Mais je ne pensais qu'à ça. À elle.
À ce village.
À ce que j'avais effleuré sans avoir eu le temps de vraiment y entrer.

Alors j'ai pris ma décision : je retourne à Sumba.
Pas en touriste.
Pour construire quelque chose, des circuits d'immersion authentiques, pour ceux qui, comme moi, cherchent autre chose que des photos de voyage.

Pas du tourisme.
Une rencontre avec un monde qui existe encore.